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Dossier - Janvier 2007

 


Pour nous aider à répondre à toutes nos questions nous avons rencontré Patrick Pelège qui est sociologue, directeur du Centre Jean Bergeret à Lyon et ancien coordonnateur du CRIPS Rhône-Alpes (Centre régional d’information et de prévention du sida). Il est co-auteur avec Chantal Picod d’un ouvrage intitulé « Eduquer à la sexualité, un enjeu de société » paru chez Dunod en 2006.

 

- Qu'est-ce que le sentiment amoureux ?

 

Le sentiment amoureux, c’est être transporté, porté en dehors de soi vers quelqu’un d’autre. L’autre est alors plus important que soi. A partir de la puberté, on commence à avoir un corps sexuel d’adulte et à ressentir la stimulation du plaisir. Quelqu’un d’autre donne du plaisir à l’être, à la personnalité que nous sommes. Mais on peut tomber éperdument amoureux d’une personne sans l’exprimer à cette personne. C’est le cas de nombreux garçons qui par pudeur n’expriment pas leurs sentiments et leurs émotions. Cela vient de l’éducation, les filles livrent beaucoup plus facilement leurs sentiments. N’ayez pas peur de dévoiler votre flamme ! Pour les garçons, faire part de ses sentiments à une fille n’est pas un signe de faiblesse. Il faudrait qu’ils se montrent plus expressifs, c’est en tout cas ce qu’attendent toutes les filles !

 

- Et le chagrin d’amour ?


Le drame dans le sentiment amoureux, c’est que ce ne soit pas ou plus réciproque.
Les relations amoureuses à l’adolescence sont parfois passionnelles et idéalisées. La séparation est donc très mal vécue. On se sent trahi. Cela peut conduire à une période de dépression, où la consommation d’alcool ou autres drogues peut être excessive pour noyer son chagrin. A l’adolescence, on a une représentation idéalisée de l’amour, l’imaginaire est très présent et c’est pourquoi la déception peut être très forte. Pour les garçons, il est encore plus difficile de montrer sa souffrance. Il ne faut pas avoir honte. C’est tout à fait normal de souffrir et il ne faut pas cacher cette souffrance. Surtout, il ne faut pas rester seul, les amis sont là pour vous soutenir dans ces moments difficiles. Des professionnels – psychologues et autres médecins – sont là pour vous aider à passer ce cap.

 

- Peut-on désirer quelqu’un sans l’aimer ?


On peut éprouver du désir pour une personne sans pour autant avoir des sentiments envers elle. Cependant, si les garçons acceptent beaucoup plus de passer à l’acte sexuel sans amour (les garçons ont parfois du mal à séduire et l’acte sexuel les rassure), les filles préfèrent ressentir l’amour avant de se livrer à l’acte sexuel, elles sont plus attachées à la séduction. Vers 15-18 ans, les filles ont d’ailleurs pris conscience de leur capacité à séduire, de leur féminité.
Sur la question du désir, ce qui est important, c’est de ne pas accepter de faire des choses alors que l’on n’en a pas envie. Il faut savoir dire non quand le désir n’est pas là même si votre partenaire vous l’a demandé. De même qu’il ne faut pas imposer des choses à son partenaire. La relation ne peut s’établir que par un respect mutuel. Il faut apprendre à connaître les désirs de son partenaire. La relation amoureuse est une relation de réciprocité et cela explique que ce soit parfois compliqué à gérer, c’est donc un compromis permanent.

 

- Plaisir et sexualité : comment apprendre à connaître son corps, à l’accepter ?

 

C’est en touchant son corps qu’on apprend à le connaître et à l’accepter et c’est souvent pendant l’adolescence que l’on découvre ses zones de plaisir et de déplaisir. La sexualité est un apprentissage ! Et cet apprentissage peut donc passer par le plaisir solitaire, la masturbation.

 

- Pannes sexuelles ? Pas de panique !


Il peut arriver que des hommes aient des pannes sexuelles. Ces pannes sont appelées aussi « troubles de l’érection ». Cela n’a rien d’anormal, cela vient en général d’un blocage. Il ne faut pas avoir honte de cet échec sexuel et en parler à un médecin voire à un sexologue si cela vous inquiète.

 

- Sexualité, hétérosexualité, homosexualité, bisexualité, trans-sexualité : la jeunesse est une période où on apprend à se connaître et à connaître ses attirances. Comment bien vivre sa sexualité et affronter les tabous encore présents autour de ces différences ?


Parfois, à l’adolescence, on ne sait pas trop si on est hétéro ou homo. Il peut arriver que l’on ait des pratiques sexuelles avec le même sexe mais que l’on soit attiré par l’autre sexe. En effet, la découverte de la sexualité se pratique fréquemment entre garçons. Cette période est donc une période de transition, d’apprentissage, de découverte…L’homosexualité voire la bisexualité (c’est-à-dire l’attirance vers les deux sexes) reste de l’ordre de l’énigme. On parle d’homosexualité féminine et d’homosexualité masculine. Cela n’a rien à voir avec la pédophilie qui se pratique sur des enfants. Même si notre société évolue, l’individu qui se sait homosexuel ne doit pas avoir honte, cela reste un combat pour se faire accepter tel que l’on est.
Pour toutes vos interrogations, vos doutes, vos craintes liées à votre sexualité, il ne faut pas hésiter à en parler à vos ami(e)s ou se confier à des professionnels qui ne vous jugeront pas et vous soutiendront dans les moments difficiles.


 

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